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CONSEILS POUR PRÉPARER UN LONG VOYAGE EN VÉLO

CONSEILS POUR PRÉPARER UN LONG VOYAGE EN VÉLO

Je te donne ici quelques conseils basés sur mon expérience personnelle, après avoir réalisé le trajet du Caire au Cap, soit 14358km en vélo, seule, sans assistance ni sponsor.

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LE CHOIX DU VÉLO

Certaines personnes m’ont posé des questions sur mon vélo. C’est mon meilleur compagnon et nous sommes devenus inséparables! Il est à moi, et je l’ai acheté en Europe, et oui, je vais le ramener avec moi à chaque fin de voyage!

En Afrique tu peux trouver des vélos mais ils sont de moindre qualité et les bons vélos sont rares et très chers, mieux vaut le transporter en avion avec toi.

Je me suis laissée conseiller par plusieurs vendeurs dans des magasins de vélos à Barcelone et aussi en lisant plusieurs blogs de cyclistes ayant réalisés de longs voyages. J’ai opté pour la marque américaine Surly, et je ne regrette pas. Je l’ai aussi équipé de pneus marathon plus, qui ont pas mal tenu le coup, j’ai changé mon pneu arrière 2 fois et j’ai eu une trentaine de crevaisons au total (mais surtout à l’arrière) pour 14358km.
Si tu as besoin d’une pièce de rechange, plus ton vélo sera simple, plus il sera facile de le réparer sur place: taille des pneus, type de freins, etc. Pense à prendre quelques pièces de rechange mais ne te charges pas inutilement non plus. Demande conseils dans un magasin de vélos là encore ou lis plusieurs blogs de voyageurs à vélo pour avoir plusieurs opinions selon le type de vélo avec lequel tu voyages.

mon vélo au départ d’Addis

APPRENDS À LE RÉPARER!!!

Primordial! Surtout savoir réparer une crevaison, changer les freins et la chaine. J’apprends les bases grâce à YouTube, avant de partir et sur le tas avec l’aide d’autres cyclistes rencontrés en chemin. J’apporte avec moi outils et quelques pièces de rechange. Je ne peux pas tout emmener non plus. Il est possible de trouver des magasins de vélo dans la plupart des grandes villes.

Crevaison au Soudan en pleine chaleur…

QUEL ITINÉRAIRE ET RECHERCHE D’INFORMATIONS

Avant mon départ, j’avais déjà une idée de mon itinéraire que j’ai ensuite adapté en fonction du temps disponible et des conseils d’autres voyageurs. Comme j’avais du temps, j’ai pu tout faire en vélo et vraiment en profiter pour me reposer, aller à mon rythme et même faire des détours! Je crois que c’est bien de laisser une place à l’improvisation, ne pas tout programmer d’avance, être flexible!
Maintenant avec les réseaux sociaux, il est facile de trouver des informations récentes de voyageurs ayant fait le même trajet. Je me suis beaucoup aidé de photos d’Instagram par exemple et grâce à ça, j’ai aussi connu d’autres cyclistes, certains devant certains derrière moi! J’ai aussi lu quelques blogs même si les informations dataient de quelques années, les routes et paysages n’ont pas trop changé.
Un outil pratique est maps.me, même s’il y a quelques améliorations à faire dans les cartes de certains pays comme le Soudan par exemple, ça m’a été de grande utilité pour la planification tout au long du voyage. Les cartes sont à télécharger et sont ensuite disponibles offline.

PARTIR À LA BONNE SAISON

C’est aussi pour ça que j’étais “pressée” de partir, je voulais à tout prix éviter les grosses chaleurs au Soudan. Les 15 derniers jours là-bas ont quand même été très pénibles, avec plus de 45 degrés! Je n’ai pas non plus pu éviter la saison des pluies dans de nombreux pays, la saison sèche tombe plutot pendant l’été en Europe quand je dois travailler.
Ce n’est de toute façon pas facile quand on part longtemps de pouvoir avoir la saison idéale dans tous les pays.

LA BOUFFE, EMPORTER UN RÉCHAUD OU PAS?

Les cyclistes mangent beaucoup… Basil, un suisse très sympa croisé en Namibie me disait même, “on ne fait que ça: manger, dormir, pédaler!” Hahhaa il n’a pas tord!
Je décide de ne pas emporter de réchaud: trop encombrant et surtout trop lourd! Il faut aussi prévoir les recharges d’essence et savoir où les trouver, ustensils de cuisine et davantage d’eau pour cuisiner… Il aurait été certes très utile au Botswana et en Namibie, où les villages sont rares et les villes et campements éloignés les uns des autres. Dans ces pays là, je charge mes sacoches, c’est presque la fin du voyage, alors je me débarasse de quelques affaires perso et pièces de rechange pour privilégier les reserves de bouf! Boites de conserve que je mange froides, pain, fromage, biscuits, fruits… Au Soudan, j’ai une montagne de sacs sur mes sacoches arrière pour porter les provisions et l’eau au milieu du désert sur environ 300km…

En général, je trouve à manger dans les villages pour pas cher, moins d’un euro le repas, dans de petits restau locaux, même si ce n’est pas varié du tout. Je finis par manger le même plat toute la semaine mais je ne suis pas difficile. Je trouve des supermarchés dans certaines grandes villes et capitales, pour changer un peu ou trouver du chocolat 😉

Restaurant au milieu du désert, Soudan

MATERIEL DE QUALITÉ ET ADAPTÉ AU VOYAGE

Je te conseille de prendre du matériel de qualité, tu pars pour un long voyage et tu veux éviter d’avoir à réparer ton matériel autant que possible. Et prends-en soin une fois parti! Surtout de ton vélo et du matériel de camping. Même si en Afrique ils ont du génie pour faire durer les choses et peuvent réparer facilement n’importe quoi!

Important avant de partir: vérifie ton matériel, surtout si tu ne t’en sers pas régulièrement!

Tente: j’utilise une tente d’une personne, marque Coleman. Elle se monte facilement, elle est légère, petite, et résite aux fortes pluies. Mais difficile à planter dans le sable et dans le sol dur. Ne resiste pas vraiment en cas de vent fort. Possibilité de voir les étoiles et de se camoufler facilement si tu ne mets pas le rain fly. Une tente stand alone est surement plus pratique. Et puis, des singes l’ont abimée en Tanzanie…
En tout cas, prévois une tente étanche: tu ne veux pas te retrouver pendant la saison des pluies avec une tente qui prend l’eau dès qu’il tombe trois gouttes. Il peut faire frais surtout en altitude, alors si en plus tu es mouillé! Prends aussi le temps de l’essayer avant de partir si elle est neuve…

Sac de couchage: j’utilise un 5 degrés. Suffisant pour moi et pour les pays traversés, même s’il faisait un peu frais en Afrique du Sud, surtout en altitude (début mai). Cela dépend de ton itinéraire et de la saison (il peut neiger au Lésotho par exemple!).

Réchaud: j’ai decidé de ne pas emporter de matériel de cuisine, trop encombrant et trop lourd dans mes sacoches pour une personne seule. Si tu cuisines, il faut aussi compter le poids de la nourriture et de l’eau… Dans tout les cas, si tu emportes un réchaud, ne choisis pas un réchaud à gaz car pas de recharge en Afrique (sauf peut être en Egypte et au Maroc?) mais plutôt un multicombustible.

Autres: j’ai trouvé très pratique d’avoir un chargeur solaire, surtout en zones rurales ou dans le désert. Je le mets sur mon vélo à l’arrière et avec un cable usb, il charge ma petite batterie externe pendant que je roule en journée. Marque RAV power.

Vérification du matériel avant de partir

FEMME SEULE

Je suis toujours prudente, en vélo ou pas. Il est vrai que j’ai traversé des zones désertiques et parfois on pourrait penser que c’est dangereux pour une fille seule. Je ne me suis pas sentie en danger et j’ai même senti les gens protecteurs et aimables, peut-être comme si j’étais leur fille ou leur soeur.
J’ai du prendre un bus au Kenya pour faire un trajet de 200km dans la forêt car la police mais aussi les locaux m’ont avertie du danger: des bandits armés bloquent souvent la route pour voler les véhicules. Dans ce cas, il ne vaut mieux pas prendre le risque et écouter les conseils des habitants de la région.

PRENDS SOIN DE TOI!

C’est le dernier conseil que je te donne ici mais très important! Tu vas être longtemps sur la route, c’est un voyage extraordinaire mais parfois fatiguant, physiquement, mais surtout moralement surtout si tu es seul. Tu vas parfois avoir des galères. Avec un petit budget, tu vas devoir dormir dans des endroits qui manquent de confort parfois d’hygiène et tu va aussi souvent manger la même chose. De temps en temps, fais toi plaisir avec un hotel un peu plus confortable ou un repas un peu plus cher même si ce jour là tu dépasses de quelques euros ton budget. Si un endroit ou un pays te plait, restes-y plus longtemps, tu n’auras peut-être pas l’occasion de revenir! Prends ton temps et profite de l’aventure!
Prends les choses toujours avec optimisme et relativise. Ne te préoccupes pas trop à l’avance, chaque chose et chaque pays en son temps. Les locaux vont aussi beaucoup t’aider en cas de besoin! Et puis finalement, il y a une solution à tous les problèmes. Les mauvais moments passent et s’oublient vite!

Petit plaisir en Éthiopie, où j’ai du mal avec la nourriture…

LE SOMALILAND: CE N’EST PAS LA SOMALIE!!!

LONG VOYAGE À VÉLO EN AFRIQUE: QUESTIONS FRÉQUENTES