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LE SOMALILAND: CE N’EST PAS LA SOMALIE!!!

LE SOMALILAND: CE N’EST PAS LA SOMALIE!!!

De part son nom, on devine où le Somaliland peut se situer sur la carte, mais c’est un pays que très peu de gens connaissent… En effet, c’est en réalité un pays qui n’existe pas pour la communauté internationale. Le Somaliland s’est autoproclamé indépendant en 1991, après la fin de la guerre civile en 1988, quand les troupes somalies sont repoussées à l’exterieur de ce que sont maintenant les frontières de cet état de facto. Malheureusement, le Somaliland, n’étant pas reconnu au niveau international, connait beaucoup de difficultées, et ne peut compter (presque) que sur lui-même et sur l’argent de la diaspora pour s’en sortir. On y vit en paix et le pays connait une certaine stabilité politique, ce qui est déjà une grande réussite quand on le compare avec ce qui “reste”de la Somalie (Puntland et Somalia). Des élections se préparaient lors de mon séjour, et le partie élu “Kulmiye” prétend lutter pour faire reconnaitre le pays au niveau internationale, en profitant notamment de l’aide des Émirats Arabes Unis. Le Somaliland, 55ème état d’Afrique???

Ce pays m’a beaucoup et agréablement surprise surtout par la gentillesse et l’autenthicité de ses habitants.

Plage de Berbera
paysage désertique de Somaliland
monument de l’indépendance à Hargeisa


QUELQUES DONNÉES

Population: 3,5 millions, 45% de la population vit en ville et 55% sont nomades ou semi-nomades
Superficie: 137600 km2, faible densité 25hab/km2
Capitale: Hargeisa, environ 1,1 million d’habitants, 1260m d’altitude
Langue: somali (même alphabet), arabe, anglais
Religion: musulmane
Indépendance: déclarée le 18 mai 1991 (mais non reconnue) de la Somalie (unification du Somaliland à la Somalie italienne après l’indépendance du Royaume Unis en 1960).
Curiosité: population de dromadaires d’environ 5 millions, soit beaucoup plus que d’habitants. Ce serait le pays avec le plus de dromadaires au monde! C’est d’ailleurs la principale exportation.

Dromadaires sur le chemin de Las Geel

LA SÉCURITÉ AU SOMALILAND

Je sais ce que vous pensez. “Comment est-il possible de voyager au Somaliland”, “ça doit être dangereux”, etc.
Pour être voisin avec la Somalie, ou plus précisement le Puntland, lui aussi semi indépendant, on pense qu’on va se trouver avec des terroristes à tous les coins de rue, que les gens sont peut être même armés, qu’on risque de se faire enlever ou de sauter dans un attentat…
Comme je l’explique dans l’introduction, le Somaliland est indépendant! Avec ses frontières, sa police, ses lois, etc. Ce n’est pas le chaos comme en Somalie, le SOMALILAND N’EST PAS LA SOMALIE!!!! Et ils peuvent être bien fiers de vivre en paix. Paix fragile? Honnêtement je en pense pas, je n’espère pas. Alors on arrête de faire marcher son imagination!!!
Les gens vivent normalement, ils vont prier, vont travailler, vont au marché, ce n’est pas un pays en guerre, pas d’armes ni de casques bleus ni d’armées dans les rues, des controles de police fréquents à la sortie/entrée des villages et près des frontières, certes, prudence oblige.
Je me suis sentie en toute sécurité dans les rues d’Hargeisa et de Berbera, dans les bus, à l’hotel. Pas de crainte à avoir, donc, je recommande!!! Une escorte est quand même nécessaire pour visiter le site de “Las Geel”, mais plus par précaution et protection des quelques touristes qui viennent ici que par réel danger. Voir mon itinéraire un peu plus loin.

MON EXPÉRIENCE COMME FEMME VOYAGEANT SEULE ET VESTIMENTAIRE

Je me suis sentie en sécurité pendant tout mon séjour et n’ai eu aucun problème avec la population locale. Pour se vêtir, il vaut mieux prévoir de se couvrir, par respect envers la population de religion musulmane à 99%. Un voile, une chemise ou Tshirt large à manches longues, pas de décolleté, pantalon ou idéalement jupe. On ne t’exige pas d’être couverte ou voilée à l’entrée du pays, mais c’est plutôt par respect, pour ton propre bien-être et pour éviter les regards embarassants. Une tenue plus légère serait vue comme de la provocation.
Les gens sont assez curieux dans la rue quand tu te promènes de savoir ce que tu fais ici. Au début, certains peuvent être un peu méfiants, ce n’est pas habituel de voir une touriste femme se promener seule, alors beaucoup pensent que je suis journaliste. Une fois le doute éclairci, les regards sont tout de suite plus sympatiques.

Petit déj dans une maison de thé

LES LOCAUX

La population locale est accueillante, comme je l’explique avant, un peu méfiante au début “are you a journalist?” (“es-tu une journaliste?”) mais très sympatique en général.
Une grande surprise de voir que beaucoup savent parler anglais, soit parce qu’ils l’ont appris pendant la période coloniale (protectorat anglais jusqu’en 1960), ou bien parce que certains sont partis vivre à l’étranger, notamment en Angleterre (gens avec de l’argent qui ont fui pendant les années de conflits ou en tant que réfugiés) et sont revenus ensuite.
La séparation entre hommes et femmes n’est pas si stricte comme dans certains pays musulmans, dans les bus par exemple, un homme peut s’assoir à côté d’une femme même si ce n’est pas la sienne. Dans les maisons de thé, on trouvera par contre en majeur partie des hommes seulement et dans certains restaurants, surtout dans les villages, une salle est réservée aux femmes et une autre aux hommes.

A la sortie de l’école des filles
réparateur de téléphones au marché d’Hargeisa

MON IITNÉRAIRE

D1. DE DJIBOUTI A HARGEISA

Je suis capable de voyager de Djibouti à Hargeisa sans escorte. Le passage de la frontière se fait dans l’après midi/soirée et le voyage de la frontière à Hargeisa, en plein milieu du désert, de nuit. Pour éviter la chaleur, tous les 4×4 qui font la route partent en général à 19h depuis le petit village frontalier de Loyaada.

De Djibouti ville, je trouve un camion avenue 26 qui me laisse à la frontière de Djibouti (voir article de Dibouti pour plus de détails), et de là, je passe le controle d’immigration djiboutien, marche les 500m qui sépare les deux postes de frontière et arrive au Somaliland. Je reconnais le drapeau qui flotte fièrement.
Le poste de frontière est tout petit, cadeau des japonais, il y a des autocollants partout… L’agent d’immigration, qui ne parle pas un mot d’anglais, examine mon passeport et surtout mon visa émit à Londres. J’ai des doutes maintenant sur son authenticité. Je suis un peu nerveuse mais reste tranquille et confiante. Il me demande le reçu du paiement du visa. Heureusement je l’ai gardé avec mes papiers importants. Il regarde, hésite mais tamponne mon passeport. Ouf. A la sortie du petit bureau, un autre type me demande mon passeport pour annoter mon entrée dans un registre. Lui parle un anglais correct: “welcome to Somaliland”!!! Derrière, le coucher du soleil est magnifique, nouveau pays pour moi (le 103ème) que j’ai très envie de connaitre depuis quelques années.

Juste à la sortie du poste frontalier, se trouve le petit village de Loyaada, mort à cette heure-ci. De nombreuses boutiques de boissons, restaurants, quelques-uns sont encore ouverts. Je reconnais le chauffeur qui me conduira à Hargeisa avec le reste des passagers, on était déjà ensemble dans le camion de Djibouti à la frontière. J’espère qu’il s’est bien reposé, ce sont 12h de route au moins qui nous attendent!
J’attends là avec d’autres passagers qu’il soit 19h pour partir et profite pour changer de l’argent. Des femmes sont assises au milieu de la piste près des véhicules. Le change est bon, 1usd=10000 som. Pour mon court séjour, je change uniquement 50usd pour les repas, le transport, petits achats et l’hotel qui peut se payer aussi en usd.

Nous partons à l’heure, 19h05! Le voyage se fait de nuit pour éviter la chaleur. La nuit, début novembre, la température est agréable. Dans un gros 4×4, 2 passagères derrière, avec moi 3, et un homme devant. Sur la dernière rangée de sièges, des cartons sont entassés, les mêmes qu’il y a sur le toit! Si le voyage se fait en 4×4 et pas en bus, la route doit être très mauvaise…
Je comprends vite. En fait, ce n’est pas une route mais une piste, au milieu du désert. J’ai l’impression d’être dans le Paris-Dakar!!! Si je pensais que ça allait être dur de dormir par le manque de confort, surtout pour l’espace pour les jambes (et les miennes sont petites…), avec le brinqueballement du véhicule, c’est définitevement inenvisageable!!!

4X4 de la frontière à Hargeisa

De la frontière, en l’espace de quelques km, on passe plusieurs “controles” de police: une simple corde comme barrière au milieu de la piste et un soldat armé qui regarde vaguement à l’intérieur du véhicule.
Je somnole un peu quand même de temps en temps et le reste du temps, je regarde le paysage éclairé par une demi lune: un désert parsemé de quelques arbustes et acacias. La piste est vraiment terrible. On reste enlisé dans le sable plusieurs fois, mais le chauffeur a l’habitude et ça se voit, en un rien de temps, on redemarre déjà.
On traverse de petits villages en chemin, composés le plus souvent de quelques maisons aux murs de toles d’aluminium. Quelques chèvres ou dromadaires se promènent parfois au milieu des maisons ou dans les cours.
Puis au lever du jour mais encore au milieu du désert, on aperçoit les premières maisons aux toits d’aluminium d’Hargeisa. La piste ne devient route goudronée que dans les rues principales de la capitale. Après les maisons, de plus en plus de batiments avant d’entrer vraiment dans la ville.

Nous arrivons à 7h, 12h de voyage. En voyant l’état de la piste, sur les 500km qui séparent la capitale de la frontière djiboutienne, c’est vraiment très bien!!! Je remercie le chauffeur!

Le 4×4 nous laisse au nord du centre ville, un taxi me coute 3usd ou 30000som pour rejoindre l’hotel Oriental, où je resterai 2 nuits. L’hotel porte bien son nom, la décoration, plutôt des années 60 rappelle un peu la Chine ou le Japon. Il accueille principalement des hommes d’affaires locaux ou expatriés somaliens revenus pour un séjour au pays. Je trouve même un somalien-suisse qui parle parfaitement français! Il est là pour quelques jours pour les affaires et visiter sa famille qui vit dans un village reculé du nord.

Je prends le temps de me reposer un peu après toute la nuit sans dormir.

Puis je passe le reste de la journée à me promener dans la ville: le grand marché, qui commence juste en bas de l’hotel, le mémorial de la guerre civile, qu’on remarque de loin,
sur l’avenue la plus importante de la ville: avenue de l’indépendance. La partie supérieur du monument est en fait un avion de guerre, de l’armée somalienne, écrasé ici à la fin de la guerre en 1988. Sur le monument sont peintes des scènes de la guerre civile qui détruisit près de 80% de la ville. Celle-ci fut recontruite presque entièrement en 1991, d’où son aspect moderne et relativement neuf pour une ville africaine!
Au pied du monument, je m’installe un instant dans le “salon de thé”, quelques chaises en plastiques mises ça et là et au milieu un petit stand où le thé est préparé! Même en demandant “chouahia zucar” (“peu de sucre”), il est toujours trop sucré à mon gout, bon quand même!

Je suis de retour à l’hotel pour diner, je préfère ne pas sortir seule la nuit, et de toute façon, les plats péparés à l’hotel sont très bons, même si plus chers que dans un restau local…
J’ai la surprise de me trouver avec un autre étranger, touriste comme moi, Magnus, suèdois. Je dis surprise oui car je ne m’attendais pas à trouver d’autres voyageurs au Somaliland!!! C’est parfait car en plus, on va pouvoir partager les frais de location (obligatoire) d’une voiture avec chauffeur-guide et escorte pour aller au site de “Las Geel” demain jeudi. Nous en parlons et organisons ça dès le soir pour demain car après-demain vendredi=week end, plus difficile de trouver chauffeur et escorte.

La nuit est marquée par les appels à la prière, d’autant plus que la mosquée est juste en face de ma chambre, et même si ça me réveille en plein milieu de la nuit, j’aime l’entendre, c’est toujours très dépaysant!!!

mémorial de la guerre civile – Hargeisa
Scènes de guerre – mémorial Hargeisa
Mémorial de la guerre civile – Hargeisa
marché – vendeuses de lait – Hargeisa
marché Hargeisa

D2. LAS GEEL – HARGEISA

Pour aller a Las Geel, Magnus et moi réservons la veille avec l’hotel Orient, là où nous sommes hébergés et aussi là où j’ai rencontré Magnus, voyageur suédois. Heureusement que nous sommes deux car l’excursion revient très chère: 110 usd pour la location du véhicule avec chuaffeur et escorte militaire (obligatoire), et 25usd d’entrée sur le site par personne, soit à deux, 80usd par personne… mon budget de 10eur/jour est largement dépassé… Mais je n’ai aucun doute que ça vaut la peine!
Si l’hotel n’organise pas cette excursion, il est possible de contacter directement le miniistère du tourisme à Hargeisa qui te trouve véhicule, chauffeur-guide et escorte pour le même prix.
Il n’est pas possible d’y arriver en transport en commun, un véhicule privé est nécessaire. La route principale Hargeisa-Berbera passe à 6km, mais pour des raisons de sécurité, il n’est pas possible de marcher ces derniers km. Enfin, c’est ce qu’ils disent… L’excursion se fait en une grosse demi-journée.

Nous avons donc rendez vous à l’hotel à 8h. Nous partons à l’heure. Pour rejoindre Las Geel, à 50km d’Hargeisa, nous mettons 1h15 environ, 50km de route goudronnée en mauvais état (nids de poule, bosses et déformations du goudron), et ensuite 6km de piste en très mauvais état avec de gros trous et cailloux.

Las Geel, “où viennent boire les dromadaires” en somali, est un endroit extraordinaire. Comme l’indique son nom, cette endroit était situé à la confluence entre deux rivières où le bétail et animaux sauvages venaient se rafraichir. C’est une des seules attractions touristiques du Somaliland et un lieu unique en Afrique. Le site fut “découvert” en 2002, même s’il était connu des locaux depuis bien plus longtemps! Il n’était cependant pas fréquenté car il est dit que les peintures auraient été l’oeuvre d’esprits malins. Le site est encore peu connu et peu étudié. Il se compose d’une série de paroies rocheuses de différentes tailles et hauteurs, connectées par un petit sentier. La visite se fait tranquillement en 2h. Les peintures sont splendides, encore en bon état conservées par le climat sec de la région. Elles furent dessinées pendant le Néolithique, cela fait entre 10000 et 6000 ans! Situées au milieu du désert sur un petit promontoire rocheux, on a une vue superbe sur les environs.

Les figures les plus courantes sont celles de bovins, que l’on distingue clairement, mais on trouve des hommes et des femmes, des chiens, des giraffes et éléphants, qui peuplaient les environs.
Le site est cependant en danger. S’il n’y a pas d’efforts de conservation, la roche risque de s’effriter. Par endroit, on voit des nids d’oiseaux qui ont déjà endommagés quelques parois. Le piétinement, le soulèvement de la poussière et la respiration des visiteurs font également que les peintures sont fragilisées.

Nous visitons le petit musée, une pièce avec quelques panneaux explicatifs du site en anglais. Puis marchons jusqu’aux grottes et parois rocheuses. Il fait déjà très chaud. Nous ne marchons pas longtemps pour atteindre la première paroie, quelques mètres et une veingtaine de marches. C’est impressionant le nombre de figures peintes ici: des femmes qui dansent, des hommes avec leurs chiens (scènes de chasse), des bovins, un homme avec deux mains de cinq doigts soigneusement détaillées, et même des éléphants qui peuplaient autrefois la région.
Puis nous visitons les paroies suivantes, séparées de quelques mètres les unes des autres par un petit sentier. La vue sur le paysage environnant est magnifique.

Nous sommes de retour à Hargeisa en début d’après-midi.

Maisons sur le chemin de Las Geel
Les parois rocheuses de Las Geel
Accouplement
Pintures Las Geel

Pintures de Las Geel
Pintures Las Geel
Giraffes, pintures de las Geel
Escorte militaire a Las Geel

D3. HARGEISA- BERBERA

Avec Magnus, nous partons ce matin vers le marché de bétail. On est vendredi aujourd’hui alors l’activité n’est pas aussi intense. Nous y allons en taxi car c’est un peu loin du centre ville. C’est un endroit intéressant pour pouvoir parler aux locaux. On y trouve principalement dromadaires, chèvres, moutons et quelques vaches. Le bétail est la 1ère exportation du Somaliland, principalement vers la péninsule Arabe. Le pays compte plus de 5 millions de dromadaires soit plus que d’habitants!

marché de bétail à Hargeisa

marché de bétail, Hargeisa
dromadaires, marché de bétail à Hargeisa

Nous retournons en ville et partons pour Berbera, à 3h de route. Nous avons la chance que le bus est presque plein quand nous arrivons à l’arrêt, dans le centre ville. 30000 shilings, soit 3usd. La route est pourrie sur 70km, goudronnée mais il y a des nids de poule énormes. Ensuite, elle a été refaite. Nous mettons 3h pour faire le trajet. Hotel local à Berbera, 7usd pour une chambre avec sanitaires en commun et wifi. Ça pourait être mieux niveau propreté…
Nous allons manger dans le restau près du petit port, le poisson est excellent et frais! La ville est assoupie par la chaleur, nous nous dirigeons donc vers la plage. Bon choix car elle est très fréquentée par les locaux le week end, surtout par les jeunes. Les femmes se baignent toute habillées. On se pose sur le sable et les gens très curieux s’approchent pour discuter. Les filles aussi. Nous faisons la connaissance de plusieurs groupes de jeunes, très sympas! La plage est large et s’étend sur plusieurs kilomètres. L’eau est chaude, malheureusement, je ne peux pas me baigner, enfin, je pourrais, mais toute habillée, ce n’est pas très agréable…

femmes qui se baignent plage de Berbera
Plage de Berbera, jeune en costume, aujourd’hui vendredi hahha
filles sur la plage

D4. BERBERA-HARGEISA

Je profite de la matinée pour me promener dans les rues poussiéreuses de la ville de Berbera. Magnus est déjà parti lui, il doit voler cette après-midi. On dirait plutot un gros village: petites mosquées, maisons basses, rues non goudronnées où les chèvres déhambulent tranquillement. Je m’arrête petit dejeuner un thé et laxoox, sorte de pain plat avec du miel. Les mouches tournent autour mais ne collent pas dedans, ouf!
C’est la sortie de l’école. Je croise de nombreuses filles en uniforme vert. Au début, elles sont plutot timides, et ensuite, même si on ne parle pas la même langue, je sens une certaine curiosité. Elles se laissent même photographier!
L’école au Somaliland est l’école coranique, basée sur l’enseignement du Coran et donc de l’arabe.

En début d’après-midi, je reprends le bus pour Hargeisa et retourne à l’hotel Orient pour ma dernière nuit.

petite mosquée de Berbera
rues de Berbera
maisons de Berbera
port de Berbera avec quelques bateaux coulés
maisons de Berbera
rues tranquilles de Berbera


D5. HARGEISA-ETHIOPIE

Dernier jour au Somaliland mais je n’ai pas envie de rentrer en Ethiopie. Les gens sont si gentils ici…
Après le petit déjeuner, je vais faire un dernier tour du marché et prend le bus pour la frontière, dont l’arrêt n’est pas loin du centre ville, à deux rues.
Les bus partent régulièrement le matin, moins l’après midi. Je pars à 12h et paie 35000som (3,5usd). Pour faire 90 km, on met près de 3h… On s’arrête régulièrement, et puis au dernier croisement avant d’arriver à la frontière, on attend un autre bus… pourquoi? Mystère… cette fois, personne ne parle anglais et peut me l’expliquer. On attend donc une bonne ½ heure et un autre bus arrive et tout le monde ou presque change de bus.
On arrive rapidement et, bizarrement, le controle de passeport se fait avant d’entrer dans la petite ville frontalière et commerciale de Wajaale.
J’ai donc mon passeport tamponné, j’arrive au bout du village avec le bus et voit déjà le drapeau éthiopien de l’autre coté du pont. C’est avec nostalgie que je pars du Somaliland et sais déjà que la “jungle” m’attend de l’autre coté de la frontière…

maisons sur la route à la frontière
Rues d’Hargeisa et ses restaurants
mosquée dans le centre ville d’Hargeisa
Vendeur de khat sur le chemin de la frontière

DETAILS PRATIQUES

VISA

Pas de visa délivré aux frontières ou à l’aéroport!!! Il est impératif d’obtenir le visa en avance!!!
En Europe, l’unique endroit pour obtenir un visa pour le Somaliland est à Londres. Sinon, il est très facile de l’obtenir à Addis Abeba ou à Djibouti. Ici quelques détails pratiques. Le moins cher, à la date d’aujourd’hui (novembre 2017), est de le solliciter à Djibouti si tu fais le circuit Ethiopie-Djibouti-Somaliland.

A LONDRES

L’adresse: 234 Whitechapel rd, Whitechapel, London E11BJ
www.somaliland-mission.com
contact@somaliland-mission.com

N´hésites pas a leur envoyer un email, j’ai eu une réponse en 2 jours! Incroyable!
Pour le visa, tu peux envoyer ton passeport si tu n’es pas sur place. Je profite d’être de passage à Londres pour y aller directement.
Aucun signe dehors ni drapeau ni plaque, rien. Et personne dans le quartier ne sait où c’est. Il faut entrer au numéro 234 de la rue Whitechapel. C’est en fait un ensemble de bureaux de diverses entreprises, et le bureau de la mission du Somaliland se trouve au sous sol. Juste un petit papier est collé sur le mur. Plusieurs employés travaillent ici. L’un d’eux me reçoit aussitot, me fait remplir un formulaire, puis me demande une photo, mon passeport et 30 GBP cash. Il prépare l’autocollant qu’il colle dans mon passeport et voila!
Le visa est valable pour une seule entrée, pour une durée de 3 mois, à partir de la date d’émission (et non d’entrée). Ne pas demander le visa 6 mois avant la date du voyage sinon, il ne sera plus valable…

A ADDIS

La mission de Somaliland se trouve à côté de l’ambassade du Malawi. Je précise car elle a changé plusieurs fois d’endroits et ce n’est pas actualisé sur maps.me par exemple (2 endroits erronés sur les cartes). Ce n’est pas indiqué mais celle du Malawi si.
Elle se trouve proche de l’aéroport, dans une rue perpendiculaire à Cameroon St, près de la grande église de St Medhanialem et de l’hotel Bole Ambassador.
La mission est ouverte du lundi au vendredi à partir de 9h (frapper au portail). Y aller le matin et le visa est délivré à partir de 13h.
Tu auras besoin de:
passeport valable plus de 6 mois
100 usd (plus cher qu’à Londres…)
1 photo d’identité
l formulaire fourni sur place rempli

A DJIBOUTI

Indiqué sur maps.me. Se trouve à côté de l’ambassade de l’Ethiopie, dans une rue tranquille du quartier Plateau du Serpent.
Ouvert de dimanche à jeudi de 8h à 14h et délivre le visa en 24h.
Tu as besoin de:
formulaire rempli
passeport valable au moins 6 mois
1 photo
5600 francs djiboutiens (aprox 28eur)

CLIMAT

La meilleure saison pour aller au Somaliland est en hiver, de novembre à mars. Il fait chaud toute l’année, très chaud de mai à octobre. Hargeisa se trouvant à 1260m d’altitude, il y fait un peu plus frais que sur la côte.
La saison des pluies est au printemps d’avril à juin et en automne en octobre-novembre.
Le paysage est désertique, on trouve de nombreux acacias, encore verts en novembre, et quelques champs (notamment maïs) dans le sud, près de la frontière avec l’Ethiopie. Je suis surprise de voir le lit des rivières sec, après la saison “des pluies”. L’accès à l’eau est encore un gros problème au Somaliland et les villageois doivent parfois parcourir des kilomètres avant de trouver une source d’eau (souterraine).

paysage désertique de Somaliland

MONNAIE ET CHANGE

Le Somaliland a sa propre monnaie: le shiling de Somaliland, 1usd = 10000 som, le plus gros billet étant celui de 5000, si tu changes 50usd tu te retrouves avec une liasse de 100 billets!!!
Il est très facile de changer de l’argent à Hargeisa, tu verras les changeurs avec leurs piles de billets près du marché dans le centre ville. Ils acceptent les dollars et quelques-uns les euros (1eur=11000 som).
A la frontière en venant de Djibouti, quelques changeurs dans la rue t’offrent le même taux. A Djibouti ville, avenue 26, en revanche, on m’offre seulement 8000 som pour 1usd.
Pas d’ATM, et pas de paiement en carte bancaire, toutes les transactions se font en espèce au Somaliland, la monnaie tout comme le pays n’étant pas reconnue au niveau internatioanl.
Le dollar est aussi accepté, mais pour payer les petites dépenses, c’est mieux de changer.
Si on te rend la monnaie en dollars, vérifie que les billets soient en bon état, sinon ça peut poser des problèmes dans d’autres pays!

changeurs d’argent dans les rues d’Hargeisa

PRIX

Le Somaliland est un pays relativement bon marché. Exemples de prix:

thé dans la rue: 2000 som
plat de spaguettis 10000 som dans un restau local, 30000 dans un hotel
jus de fruit dans un restau local 5000 som, 10000 dans un hotel
poisson à Barbera: 10000 som ou 1usd, vendeurs ambulants, dans un restau 5usd
snacks 5000 som
grande bouteille d’eau: 4000 som
Chambre à Hargeisa: 10usd des moins chers, 15usd à l’hotel Orient, en plein centre ville, propre et wifi qui fonctionne bien, lit un peu dur.
Chambre à Barbera: 7 usd avec toilettes et douches en commun, propreté à revoir, wifi… plusieurs hotels dans la ville avec prix variables selon la qualité.
Excursion las Geel: 110usd pour la voiture, guide et escorte (à partager entre le nombre de voyageurs) et 25usd pour l’entrée par personne.
Taxi: 3 usd ou 30000 som dans le centre ville
Bus Hargeisa – Berbera: 30000 ou 3 usd
Bus Hargeisa – Wajaale (frontière Ethiopie): 35000 som
Fruits et légumes chers, car la marchandise est importée. On voit quelques champs au sud du pays mais le reste est désertique. 1 orange=3500 som

hotel Oriental à Hargeisa
plat de spaghettis aux épices

PASSAGES FRONTALIERS

DJIBOUTI-HARGEISA
Passage de la frontière à Loyada. Coté Djibouti, pas de village à coté du poste d’immigration, mais coté Somaliland, on trouve de petites boutiques et des restaurants locaux. Le véhicule de Djibouti te dépose devant le petit bureau d’immigration, et une fois le passport tamponné, il faut marcher environ 500m entre les deux pays. Le poste de Somaliland est encore plus petit et juste après on trouve une petite place avec restaurants et les 4×4. Les postes de frontières sont fermés la nuit, à partir de 18h.
Depuis Loyada, il faut compter 12h pour atteindre Hargeisa, par une piste dans le désert. Des 4×4 font le trajet tous les jours, le soir, départ 19h pour éviter la chaleur. Pas d’escorte nécessaire pour les étrangers.
Possible de changer de l’argent à Djibouti, avenue 26 mais il vaut mieux attendre d’être à la frontière, le taux est plus intéressant.

HARGEISA-JIJIGA ETHIOPIE
Frontière dans une petite ville, Wajaale, où l’on note qu’il y a du passage. Coté Somaliland ça parait plus grand que coté Ethiopie, avec de nombreuses boutiques et un marché. Possibilité de changer de l’argent des deux côtés.
Le bus en provenance d’Hargeisa te dépose à l’entrée de la ville, où se situe le poste d’immigration, tu remontes dans le bus et il te laisse au centre ville quelques km plus loin. Pour passer en Ethiopie, la barrière est juste à quelques centaines de mètres.
Une fois passé immigration en Éthiopie, tu dois prendre un tuk tuk “bajaj” (10 birr) pour aller à la cahotique station de bus, à la sortie de la ville.

DJIBOUTI, LA SENSATION D’ÊTRE AU BOUT DU MONDE

CONSEILS POUR PRÉPARER UN LONG VOYAGE EN VÉLO